30.8.10

L'inconnu

Sous la pluie
Il marche
Tête baissée
Sur la rue qui reluit
Sous la pluie
Parmi les ronds de lumières
Dans le soir nuageux
Le temps est gris
Sous la pluie
Ainsi que ses pensées
Tournées vers ailleurs
Personne ne sait
Le but de ses pas
Les mains dans ses poches
Il ne remarque pas
Ceux qui courent
Autour de lui
Sous la pluie
Silencieux dans son monde
Nul ne connait
Les tourments de son coeur
Ses cheveux trempés
Coulent devant ses yeux
Et les gouttes froides
Brouillent sa vie
Sous la pluie
Lentement il avance
Écoutant le splish, splash
De ses pieds dans l'eau
Puis il tourne le coin
L'inconnu qui s'enfuit
Sous la pluie

27.4.09

Lielos: prince flamboyant

J’écoute la lumière
Et son doux scintillement

Sonne comme des clochettes

M’emplissant de délice

La chaleur de ses rayons

Qui m’enlacent et me caressent

Effleurent ma peau

Rubans dorés de soie

Son cœur est si pur

Blanc de tendresse et d’amour

Je me sens apaisée

Sous son regard aveuglant

Et pourtant il court

Je vais le perdre

Je veux te garder

Près de moi

Reste, réchauffe mon âme

Oh, mon chevalier blond

Tes lèvres incandescentes

Sont un baume sur les miennes

Je ressens ton ardeur

Brûlure en mon sein

Et ton parfum radieux

Baiser effervescent

Sur mon front fiévreux

Tu es mon eau enflammée

Attisant mon ivresse

Ne t’en va pas

Mon prince flamboyant

Emporte-moi avec toi

Dans ton royaume scintillant

Je m’accrocherai à tes cheveux

Derniers lambeaux éclatant

Qui fuient entre mes doigts

Et mon corps embrasé

Se languis de ton étreinte

Moi qui ne suis plus

Qu’une princesse dans la nuit

J’attendrai ton retour

18.11.08

Cathedrale

Un ange est tombé
D'un trône doré
Ses ailes emmelées
Sur son corps argenté

Portant la lumière
De son palais de verre
Ses cheveux recouverts
D'arc-en-ciels éphémères

Ses vêtements vaporeux
Se déchirent dans les cieux
Lambeaux de nuages soyeux
Emportés tels des voeux

Son coeur de cristal
Se brise sur les dalles
De la nef épiscopale
Mille morceaux de vitrail

Et de ses yeux de pluie
Tombent des larmes bénies
Et éteignent sans bruit
Les flammes des âmes meurtries

4.6.08

Chagrin d'amour

Mon cœur saute
Du bord d’une falaise

Pour rejoindre la mer

Qui tremble de peur

Je souris au ciel
Ainsi un lion d’or
Qui souris aussi aux nuages
Anges du paradis

Tournoie, s’envole, plane
Par les cieux
Deux bleus nuages
De tempête

Mers de ténèbres
Qui soufflent le vent
Des naufrages
Funeste, tombe, pierre, tombale

Fin de la vie
Tempête sans fureur
Mer calme, douce, hésitante
Flamme de l’orage

Fureur de la rage
Qui coule au fond du toit
Qui rame sans toi

Feu inaccessible

Incantation : Sacrifice

Que la nuit de la plaine
de la mer m’amène
Que la terre du ciel

s’élève au grand jour

Je sens l’aube

dorée, orangée

rosée de lumière vaporeuse

Que l’eau de tes mains

coule à flot

ma sirène

écailles turquoise

reflétant le ciel bleu

Que les flammes

sans cesse

brûlent ton squelette infâme

Dans l’enfer du matin

levé de soleil

Que l’esprit de la rose

aussi verte que l’âme

brille au sein de la mère

tendresse pure émerveille

Que le vent se soulève

traîne la poussière

et brouille les nuages

Doux réconfort

Que le jour de l’été

sonne enfin la tempête

au-delà des montagnes

bruissant feuillage argenté

Glissante pierre de marbre

Je marche nu-pieds

racines, épines

coulez mon sang
de ce sacrifice

13.5.08

Retrouvailles

Ô amour, dorée
Illumine le ciel

De ta forêt de dentelle

Douceur nacrée

Éclatante de tes mots
Doux comme la soie

Je m’endors à l’écho

Du son de ta voix

À l’infini tu reluis
D’argent de lune
Brillante sur les dunes
Lorsque le soir fuit

Dans mes rêves tu sanglotes
Éternelle ma blanche
Je vis des souvenirs étranges
Dans l’ombre de tes grottes

Fais-moi voir les étoiles
Tisses-moi de grandes voiles
Pour que je puisse m’envoler
Rejoindre mon aimé

Alors, ni le ciel, ni la mer
Flots verts éphémères
Ne bâtirons de mur de feu
Jamais plus entre nous deux

Et même le sang
De la terre, écarlate
Ne saurait pleurer le chant
De nos lèvres mortes

Lente mélodie

La musique, de tes doigts
s’envole

Douces, lentes notes

de satin

Je peux voir au loin

la rivière

Diamant d’argent

qui coule dans son lit

lit de poussière

de ramure, de fourrure

lune d’étain qui éclaire

la nuit

De tes doigts jolis

s’envole la musique

J’entends le son du vent

le son des fleurs

le son du noir, soir

la forêt de ton cœur

qui jaillit en ce moment

les feuilles qui planent

au gré du vent

Doux, longue est leur chute

gracieuse comme tes mains

Diaphanes, et sans fins

cordes pincées, musique hébétée

la nuit tombe, les étoiles

scintillent

glorieuses lumières

De ton chant de gloire

chante, chante

Jusqu’au matin

et fait vivre les arbres

que leur esprit s’élève

comme tes notes dorées

planent aux cieux célèbres

funeste marche

funeste mélodie

arbres longs, épars

ainsi tes doigts éburnéen

tendres et rapides

qui effleurent la harpe

comme on effleure le corps

vibre la musique

dans mon âme

de ma vie, vie

mort, douce et précieuse

lent, plus lente

étire les sons

Je sens bientôt l’heure

tu n’auras plus à jouer

éternelle

gratte, tire, pince

toujours, douce

mélodie

que mon cœur, réjouit

entend par mes oreilles

notes de vapeur

s’égraine de tes doigts

de soie

lentement, je sombre

la nuit m’attire

me ronge

que la lune brille pour moi

chante pour les étoiles

appelle la lumière

Je m’envole vers elle

ainsi ta lente mélodie

joue, à jamais, joue

12.5.08

Obscure lumière

La lumière m’éblouit
Côté d’ombre et de joie

Je ne vois plus sans lui

Je ne vis plus sans toi

Vite aime mon sein

Lumière éclatante

Refrène ton chagrin

Et tombe la fente

Danse mon écho

Chante ton matin

Lune du soleil

Soir au jour qui luit

Qui fuit

Cours de plus belle

Retrouve ton amant

Et aime la tempête

Au soleil de Satan

Je suis lumière, beauté

Rayon de vie

Qui s’émerveille

Saute, ombre, dorée

Noir d’ambre, de marbre

Froid, dure, obscur

Tiède, frivole, éternelle

Chaud, pluie, amour

Chante, glorieux instant

Doux moment

Mon chagrin qui s’enflamme

Au son de ton cor

Obscur amer

Dorée et argent

Cheveux de miel

De satin et de soie

Laisse tes bras

Ô nuit ardente

Tomber sur moi

S’enflamme, au roi

Le dragon

Sous un ciel gris,
Un ciel d’orage
Apparut sans bruit
Sous les nuages

Un point sans forme
S’approchant lentement
Grossissant, grossissant
Pour devenir énorme

Lève les yeux
Et vois, admire
La beauté du saphir
Immense dragon bleu

Gracile comme le vent
Ses puissantes ailes
Fragiles comme la dentelle
Soyeux bruissement

Son cœur de tempête
Éternelle flamme
D’une immortelle âme
Rêvant de conquêtes

Se posa sur la terre
Quittant son adoré Éther
Puis il arrêta le temps
Un instant

Dans un mouvement fluide, subtil
Déployant ses ailes, il
Leva fièrement la tête

Et cracha la tempête

Triste pluie

Triste pluie
Dans tes yeux je vois

L’infini

La douceur de la lumière

La bonté de tes mains

Tu es princesse du ciel

Tombant des rois blancs

Tu fais rêver la rivière

Respirer la forêt

Pleure, pleure

Ne t’arrête pas

Dame de gris

Transparente de pensées

Fais-moi voir les nuages

Amertume éternelle

Tes larmes emplissent mon cœur

Je suis triste comme toi