s’envole
Douces, lentes notes
de satin
Je peux voir au loin
la rivière
Diamant d’argent
qui coule dans son lit
lit de poussière
de ramure, de fourrure
lune d’étain qui éclaire
la nuit
De tes doigts jolis
s’envole la musique
J’entends le son du vent
le son des fleurs
le son du noir, soir
la forêt de ton cœur
qui jaillit en ce moment
les feuilles qui planent
au gré du vent
Doux, longue est leur chute
gracieuse comme tes mains
Diaphanes, et sans fins
cordes pincées, musique hébétée
la nuit tombe, les étoiles
scintillent
glorieuses lumières
De ton chant de gloire
chante, chante
Jusqu’au matin
et fait vivre les arbres
que leur esprit s’élève
comme tes notes dorées
planent aux cieux célèbres
funeste marche
funeste mélodie
arbres longs, épars
ainsi tes doigts éburnéen
tendres et rapides
qui effleurent la harpe
comme on effleure le corps
vibre la musique
dans mon âme
de ma vie, vie
mort, douce et précieuse
lent, plus lente
étire les sons
Je sens bientôt l’heure
tu n’auras plus à jouer
éternelle
gratte, tire, pince
toujours, douce
mélodie
que mon cœur, réjouit
entend par mes oreilles
notes de vapeur
s’égraine de tes doigts
de soie
lentement, je sombre
la nuit m’attire
me ronge
que la lune brille pour moi
chante pour les étoiles
appelle la lumière
Je m’envole vers elle
ainsi ta lente mélodie
joue, à jamais, joue
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